13/06/2017accueil > le métier

Le Rectorat reprend en main le socle en fin de cycle 4 !

Plusieurs établissements nous ont fait remonter, depuis quelques jours, des modifications par les chefs d’établissement des compétences remplies dans le LSUN par les collègues. Que se passe-t-il ?

Le Rectorat de Créteil réagit, suite aux appels du SNES

Depuis la mi-mai, la hiérarchie a pu constater que le LSUN ne se remplissait pas comme prévu. Dans plusieurs établissements, des équipes entières ont annoncé ne pas vouloir compléter, vouloir mettre 200 points ou 400 points à tous les élèves ou utiliser notre logiciel pour transformer les moyennes en compétences.

Pour y faire face, l’administration s’est mise à réunir, début juin, les chefs d’établissement de l’académie, et leur a rappelé qu’ils pouvaient modifier les travaux des collègues sur le socle si besoin !

Des seuils apparaissent dans le socle

Deux seuils sont apparus très récemment dans les discours de nos responsables hiérarchiques : 200 points et 320 points.

Les 200 points correspondent à la moitié des points attribuables dans le socle. De nombreux enseignants ont considéré qu’un élève moyen devrait avoir un nombre de points correspondant à ce nombre. De plus, ce score, attribué à tous, avait l’avantage de rendre aux épreuves finales du brevet une importance. Or, pour la hiérarchie, ce seuil correspond au niveau 2, c’est-à-dire « maîtrise fragile ». Les moyennes chiffrées et les seuils du socle n’auraient donc pas le même sens : les enseignant-e-s auraient encore du mal à s’approprier l’évaluation des compétences.

Le seuil de 320 points (niveau 3) permettrait d’obtenir la validation de l’acquisition du socle commun. Or, pour l’État, impossible d’admettre que de nombreux élèves ne puissent pas valider le socle : ce serait reconnaître la persistance de la difficulté scolaire, malgré les réformes. Il a donc été indiqué aux chefs d’établissement qu’ils pouvaient remettre les élèves, qui auraient acquis suffisamment de compétences, à ce niveau de 320 points.


Pourquoi une telle réaction ? DNB et Affelnet

La réaction de l’administration s’explique d’abord par l’affectation des élèves en lycée. Affelnet classera maintenant les élèves en fonction des compétences validées dans le socle. Les inégalités entre les choix des différents collèges risquaient d’entraîner des aberrations dans l’affectation des élèves de 3e. Le fait de rappeler aux chefs l’importance de ce seuil de 320 points devrait ramener tout le monde dans une fourchette proche. On peut en effet estimer qu’un chef, qui veut que ses élèves puissent accéder au lycée de son choix, préférera ramener la plupart des jeunes aux alentours de cette base de 320 points.

Par ailleurs, si l’obtention du DNB n’était pas liée à une quelconque validation du socle, le fait que la grande majorité des élèves se retrouve à 320 points entraînera une obtention du brevet pour la quasi-totalité d’une classe d’âge, les jeunes n’ayant plus qu’à obtenir 30 points sur 400 aux épreuves terminales.

Cette reprise en main confirme les analyses du SNES-FSU Créteil. Le DNB n’a plus de sens. Le socle est, comme le LPC avant lui, un outil bureaucratique qui n’aura que peu de liens avec la réalité du parcours scolaire d’un enfant. Enfin, le travail des collègues est à nouveau méprisé par la hiérarchie. Inutile donc d’investir un outil qui est d’ores et déjà faussé par ceux qui l’ont mis en place !

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