Manque de place dans les collèges de Chelles

Mardi 26 juin 2012, une réunion de concertation sur la sectorisation des collèges de Chelles et de Brou-sur-Chantereine s’est tenue à l’Hôtel du Département à Melun, à l’initiative du Conseil Général 77. D’après la loi de 2007, il incombe en effet désormais au Conseil Général, en relation avec les services de l’Inspection académique, d’arrêter le périmètre de secteur de chaque collège du département. Les municipalités, les chefs d’établissements concernés, les responsables des transports scolaires, les fédérations de parents d’élèves et les organisations syndicales enseignantes étaient conviés à cette réunion.

Pour le Conseil Général de Seine-et-Marne (CG77), en l’attente de l’ouverture d’un nouveau collège-usine d’une capacité de 900 places (!), l’équation est complexe. Il s’agit d’absorber la très forte hausse des effectifs des collèges chellois (800 élèves supplémentaires en 2016) tout en fermant le collège Jean JAUR ?S de Brou-sur-Chantereine (220 élèves en 2011), qui ne répond plus aux normes d’hygiène et de sécurité.

Pour y parvenir, le Conseil Général 77 table sur un « rééquilibrage des effectifs des collèges chellois », c’est-à-dire sur un bourrage des locaux existants en réaffectant les élèves en fonction de leur adresse et non plus de leur école. Le plan du réseau des transports publics de la ville serait réétudié pour permettre aux élèves de se déplacer en respectant les normes nationales ? le trajet ne pouvant excéder 50 minutes allée par élève. Une mixité sociale renforcée serait la contrepartie de cette politique, qui vise en priorité à satisfaire des objectifs comptables : optimiser le remplissage des collèges existants pour ne pas construire plus d’un collège public supplémentaire sur l’ensemble de l’agglomération de Chelles.

Quelles ques soient les hypothèses retenues par le Conseil Général (voir pièces jointes .pdf) aucune ne saurait convenir. Si les choses restaient en l’état (sans fermer le collège de Brou) les établissements de la ville seraient tous saturés d’ici à 2016. Le collège P. WECZERKA d’une capacité de 850 élèves en accueillerait 992, et le collège de l’EUROPE (d’une capacité de 650 élèves) en scolariserait 745 ! Seul le collège Camille COROT, situé en Zone d’ ?ducation Prioritaire serait partiellement épargné. D’une capacité de 900 élèves, celui-ci accueillerait 683 élèves, contre 486 actuellement. Ce serait excessif compte-tenu de la fragilité des publics scolaires concernés, mais vraisemblablement plus réaliste que les trois scenari présentés par les élus du département, tous aussi invraisemblables les uns que les autres.

Qu’on en juge. Le scénario n° 1 verrait la fermeture du collège de Brou et l’intégration des élèves Breuillois au collège Camille COROT. Si ce scénario se réalisait, les capacités d’accueil théoriques de tous les établissements de Chelles seraient dépassées. La palme reviendrait cependant à Camille COROT, dont les effectifs passeraient de 486 élèves actuellement à 957 à la rentrée 2016. Le format « industriel » d’une telle entreprise se révélerait tout à fait opposé aux objectifs affichés par l’éducation prioritaire. Si la mixité sociale était renforcée comme le propose le CG77, celle-ci ne saurait être réalisée en sacrifiant les conditions d’accueil globales proposées aux élèves.

Tout aussi irréaliste, l’hypothèse de travail numéro 2 (modification des secteurs des collèges COROT, de l’EUROPE et de BEAUSOLEIL, et intégration des élèves Breuillois au collège BEAUSOLEIL) provoquerait une sursaturation de Camille COROT(1095 élèves en 2016) et gonflerait les effectifs de BEAUSOLEIL, d’une capacité de 600 places (SEGPA exclue) à 677 élèves ! Enfin l’hypothèse 3, qui modifierait les secteurs de tous les collèges de l’agglomération en rattachant les élèves de Brou au collège BEAUSOLEIL, n’est pas plus satisfaisante : tous les établissements seraient saturés et la question ne serait pas résolue.

Le fort dynamisme démographique de Chelles nécessiterait d’ores et déjà la construction de deux collèges et non d’un seul, comme le prévoit au plus juste le CG77. En effet, que se passera-t-il si les effectifs de l’agglomération croissent à un rythme supérieur à celui retenu par l’administration ? Cette hypothèse n’est pas à exclure, tant les déplacements de population depuis la petite couronne parisienne vers l’Est de l’ ?le-de-France se sont accrus ces dernières années. Sitôt ouvert, le nouveau collège serait saturé et le bourrage temporaire pérennisé par l’administration pour faire face à la sous-estimation criante des besoins réels en infrastructures scolaires à Chelles. Cela ne peut convenir.

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