Réforme du collège, An II : contrer ses effets délétères.

Que penser des choix gouvernementaux d’un aménagement de la réforme des collèges ?

L’arrêté modifiant la mise en œuvre de la réforme du collège a reçu un avis négatif de du Conseil Supérieur de l’Éducation le 8 juin dernier. Cette réouverture des discussions à la veille des élections législatives ne devait rien au hasard et ne pouvait tromper personne. Les bougés présentés étaient insuffisants et semblent avoir d’abord été motivés par des considérations pré-électorales.

Une organisation de plus en plus locale qui rompt avec le caractère national de l’Education.

Certes une certaine liberté pédagogique a été rendue aux équipes, mais dans le même temps, le texte présente un caractère paradoxal. Il renvoie les arbitrages entre AP, EPI et enseignements facultatifs au niveau local, ce qui renforce les inégalités, la concurrence entre les disciplines, les personnels et les établissements.
Il entend valoriser l’expérimentation et l’autonomie des établissements – c’est-à-dire, l’autonomie des directions d’établissements et le renforcement de leurs prérogatives - contre celles des équipes éducatives.
Quant au retour des enseignements facultatifs, à mettre en œuvre selon les moyens relevant de l’autonomie de l’établissement, il apparaît comme un leurre électoral. Comment en effet proposer de nouveau ces enseignements lorsque les postes initialement implantés dans les établissements ont déjà été supprimés ?

Un système éducatif à plusieurs vitesses : l’exemple de la Seine-et-Marne.

À la rentrée prochaine en Seine-et-Marne, les disciplines ciblées par les fermetures d’options auront un solde négatif ( ex : - 2 postes PEGC allemand ; - 2 postes certifiés en lettres classiques). La diminution de l’offre éducative que nous redoutions est amorcée, avec un renforcement des enseignements les plus courants au détriment d’enseignements plus rares.
Pour cette raison, lors du CSE, le SNES-FSU a demandé que ces enseignements soient financés et fassent l’objet d’une carte académique permettant d’éviter la mise en concurrence des collèges et le renforcement des inégalités. Le ministère a donné l’assurance que l’implantation de ces enseignements dans les établissements ferait l’objet d’un examen dans les comités techniques académiques. Mais l’absence de garantie de financement et d’égalité sur le territoire est un pas supplémentaire vers une plus grande autonomie de gestion accordant aux chefs d’établissement une plus grande latitude dans les choix pédagogiques.

Une offre culturelle élargie est une garantie de mixité sociale à l’école

Comme le rappelait un rapport du CENESCO (2016), les EPLE font souvent le choix de ne pas regrouper tous les élèves ayant choisi une option dans une seule classe, mais de les disperser permettant ainsi une forme de mixité scolaire. En réduisant le nombre d’options et en rendant le recrutement plus restrictif, la Réforme du collège a augmenté l’ effet ségrégatif au profit de l’enseignement privé, qui finance ses propres options et attire des familles désireuses de proposer celles-ci à leurs enfants. Il y a urgence à stopper l’hémorragie. Si ces annonces ne sont suivies d’aucun financement, alors il s’agit d’un nouveau pas en avant vers une dérégulation, autre nom donné à l’autonomie, dont nous ne voulons pas.

Les luttes précédentes ont permis d’obtenir des reculs en trompe l’œil, notamment en ce qui concerne les EPI. Il faut maintenant obtenir le refinancement des options supprimées et le retrait du LSU.

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